Changement de nom de l’U de M : « Pour nous, le dossier est clos », dit le recteur
L’Université de Moncton ne compte pas changer de nom malgré les demandes répétées d'un comité citoyen. Son recteur, Denis Prud’homme, ferme la porte et assure que « le dossier est clos ». En entrevue au Téléjournal Acadie, il dit que l’Université a rencontré le Comité citoyen pour un nouveau nom La tentative actuelle du comité, l’une de multiples dans l’histoire de l’institution acadienne, a démarré en février 2023. Il y a plus d'un an, le Conseil de l’Université disait non à un changement de nom. Malgré ce refus, le comité a continué son combat et a été jusqu’à proposer récemment un nouveau nom, issu d’un sondage. Denis Prud'homme, recteur de l'Université à Moncton, et Denis Mallet, président du Conseil de l'Université de Moncton. Photo : Radio-Canada Ce rapport rédigé par la politologue Stéphanie Chouinard et l’historien Maurice Basque affirmait qu'il faudrait 4,6 millions de dollars pour changer le nom de l'établissement. Le comité avait commandé sa propre étude des coûts, quatre fois inférieurs au rapport Chouinard-Basque. Cette contre-étude aurait toutefois négligé certains éléments. Au début de sa démarche à l’hiver 2023, le comité a présenté une pétition, signée rapidement par des centaines de personnes, y compris de nombreuses personnalités acadiennes. Tous les groupes ne sont toutefois pas exprimés aussi favorablement envers un changement de nom. Les étudiants de l’université par exemple n’ont jamais été intéressés par un tel changement, voire ont majoritairement penché pour le statu quo. Quelques mois après le début des démarches, dix Acadiens de renom ont aussi signé une lettre pour s'opposer au changement de nom. Le Conseil de l’Université, à l’issue d’une rencontre la fin de semaine dernière, a rejeté une nouvelle fois un changement de nom dans le compte-rendu écrit. Lise Ouellette, la porte-parole du comité, évoque un Même depuis l’annonce du statu quo par le Conseil de l’Université en décembre 2023, le comité n’a pas appuyé sur le frein, continuant par différents moyens de faire pression sur les hautes instances de l’université. Lise Ouellette (archives). Photo : Radio-Canada Mais, Lise Ouellette évoque aujourd’hui pour la première fois la patience, un passage plus lent dans cette course de fond. La stratégie actuelle de l’université s’étend de 2023 à 2028. Lise Ouellette rejette tous les autres arguments déjà évoqués dans ce débat, y compris celui du fardeau financier.dès le début
.Le conseil a donc reçu le rapport [informatif sur la dénomination de l’université], l’a rendu public, l’a discuté et a pris sa décision au mois de décembre 2023
, rappelle Denis Prud’homme.
En tant que recteur, j’ai des ressources limitées sur le plan financier, sur le plan humain, et on a mis en place une stratégie très ambitieuse que, si on le réalise, on espère qu’on aura autant d’impact dans les 60 prochaines années que l’université a eu lors de sa création. Et, pour ça, ça demande beaucoup d’énergie et de focus et c’est à ce travail-là que je vais m’attarder avec mes collègues de l’université, et ce à la demande du Conseil de l’Université
, poursuit-il.Une question d’appui populaire
Un des premiers critères, c’est un engagement de l’interne qui doit venir. C’est le premier critère qui a été mis de l’avant dans cette étude-là. Si on regarde les besoins de la société acadienne de même que le rôle de l’université en tant qu’institution phare de l’Acadie, bien, on se doit de mettre les énergies pour qu’elle puisse se démarquer dans la francophonie
, explique le recteur.Cette décision ne traduit pas une fermeture, mais bien un geste réfléchi, guidé par un devoir de cohérence
, peut-on y lire.Le comité prêt à se montrer patient
marathon
pour parler de la lutte pour le changement de nom.
Si son seul argument c'est notre plan stratégique et on veut pas le changer, bon, on va s'asseoir et on va convenir d'un processus pour que en vue de la prochaine planification qui ne commencera pas avant très longtemps de toute façon, on puisse commencer à aborder une réflexion plus rigoureuse, plus transparente
, explique-elle.Est-ce que l’affirmation francophone pour l’université, ça coûte trop cher? Est-ce que de s'afficher en français ça coûte trop cher? Est-ce que cette richesse-là linguistique et culturelle qu’elle a, est-ce qu’on est prêt à troquer ça pour des sous?
, dit-elle.
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